France info : Le FMI : pompier ou incendiaire ?

Le FMI : pompier ou incendiaire ?

Jean Leymarie – 13:26

A quoi sert le Fonds monétaire international ? Certains observateurs le critiquent et le voient comme un parangon de la dérégulation financière. D’autres, au contraire, saluent son efficacité. C’est le thème du débat organisé aujourd’hui dans le Zoom de France Info.

Le Fonds monétaire international est au cœur de l’actualité en ce moment : affaire DSK, candidature de Christine Lagarde à la tête de l’institution, crise grecque, etc.

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Le FMI : pompier ou incendiaire ?

Jean Leymarie – 13:26

A quoi sert le Fonds monétaire international ? Certains observateurs le critiquent et le voient comme un parangon de la dérégulation financière. D’autres, au contraire, saluent son efficacité. C’est le thème du débat organisé aujourd’hui dans le Zoom de France Info.

Le Fonds monétaire international est au cœur de l’actualité en ce moment : affaire DSK, candidature de Christine Lagarde à la tête de l’institution, crise grecque, etc.

Deux économistes étaient invités ce matin dans le Zoom de France pour mieux comprendre les missions du FMI : Thomas Coutrot, co-président d’Attac et Jean-Marc Daniel, professeur d’économie à l’ESCP (Ecole supérieure de commerce de Paris)

Thomas Coutrot et Jean-Marc Daniel débattent du FMI  (10’28″)

Rappel historique : Le FMI a été créé en 1944

  


Rappel historique : Le FMI a été créé en 1944 à la conférence de Bretton Woods. Au départ, il avait pour objectif de garantir la stabilité du système monétaire international. Mais sa mission a changé en 1971 avec la fin de la parité or / dollar et donc la disparition du système de change fixe. Son but est désormais en priorité de soutenir les pays trop endettés et de gérer les crises financières. Et pour cela, il accorde des prêts à long terme mais, en échange, les pays aidés doivent engager des réformes pour assainir leur situation financière.

- Pour Thomas Coutrot : le FMI a “trahi sa mission” . Il a aggravé l’instabilité économique et financière mondiale. Il “devrait jouer un rôle indispensable : assurer la coordination des politiques économiques, monétaires et financières au niveau international pour éviter l’accumulation des déséquilibres et de l’instabilité. En réalité, il a fait le contraire depuis la fin des années 70 : il a été à la pointe de la dérégulation et de la libéralisation des marchés financiers en imposant aux pays qui demandaient son aide d’ouvrir leurs frontières aux grands vents de la mondialisation financière”.

- Pour Jean-Marc Daniel : le FMI a, au contraire, “rempli sa mission” qui est “d’apporter une trésorerie a des pays qui manquent de devises et qui importent plus qu’ils n’exportent”. “Le FMI, c’est un pompier. Ce n’est pas lui qui déclenche l’incendie. L’incendie c’est la politique économique menée par les pays qui vont le chercher. Ce n’est pas non plus une force d’invasion. Il intervient parce qu’on vient le chercher.” Et s’il dérégule, c’est “parce que les politiques de régulation et de contrôles sont généralement inefficaces”.

- Exemples concrets d’interventions du FMI Thomas Coutrot cite la politique d’ajustement structurelle menée dans les années 90 et 2000, notamment en Argentine. Le FMI a, selon l’économiste d’Attac, “imposé une politique absurde pour établir une parité fixe de change entre le peso argentin et le dollar. Et cette politique a mené l’Argentine à la faillite”. On est aujourd’hui dans le même type de situation avec la Grèce, estime Thomas Coutrot. Le FMI “oblige les pays à mener une politique de rigueur et d’austérité budgétaire insensée alors qu’il faudrait au contraire lâcher du lest pour leur permettre de restructurer leur dette publique”. Réponse de Jean-Marc Daniel : “l’Argentine dégage maintenant des excédents grâce à la politique d’ajustements structurels imposée par le FMI”. Et il rappelle aussi que, lorsque Dominique Strauss-Kahn est arrivé à la tête du FMI en 2007, “les problèmes avaient été résolus. Il n’y avait plus que deux pays qui devaient de l’argent au FMI : l’Indonésie et la Turquie” qui ont depuis remboursé leur dette. “Le FMI avait tellement bien réussi qu’il ne servait plus à rien.”

Qui décide de la politique menée par le FMI ? L’institution regroupe 187 pays répartis en trois blocs : les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie. C’est une décision collective, explique Jean-Marc Daniel. Mais Thomas Coutrot rappelle que Washington possède une minorité de blocage. Ce sont les Etats-Unis qui tirent les ficelles, c’est le Trésor américain qui a décide en dernière instance”.



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Le Monde : Eduquer au XXIe siècle, Michel Serres

Débat  › Les nouveaux défis de l’éducation

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Eduquer au XXIe siècle

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/05/eduquer-au-xxie-siecle_1488298_3232.html

LEMONDE.FR | 05.03.11 | 13h39  •  Mis à jour le 07.03.11 | 08h50

Michel Serres

Michel SerresAFP/ETIENNE DE MALGLAIVE

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Ce nouvel écolier, cette jeune étudiante n’a jamais vu veau, vache, cochon ni couvée. En 1900, la majorité des humains, sur la planète, travaillaient au labour et à la pâture ; en 2011, la France, comme les pays analogues, ne compte plus qu’un pour cent de paysans. Sans doute faut-il voir là une des plus fortes ruptures de l’histoire, depuis le néolithique. Jadis référée aux pratiques géorgiques, la culture, soudain, changea. Celle ou celui que je vous présente ne vit plus en compagnie des vivants, n’habite plus la même Terre, n’a plus le même rapport au monde. Elle ou il n’admire qu’une nature arcadienne, celle du loisir ou du tourisme.

- Il habite la ville. Ses prédécesseurs immédiats, pour plus de la moitié, hantaient les champs. Mais, devenu sensible à l’environnement, il polluera moins, prudent et respectueux, que nous autres, adultes inconscients et narcisses. Il n’a plus la même vie physique, ni le même monde en nombre, la démographie ayant soudain bondi vers sept milliards d’humains ; il habite un monde plein.

- Son espérance de vie va vers quatre-vingts ans. Le jour de leur mariage, ses arrière-grands-parents s’étaient juré fidélité pour une décennie à peine. Qu’il et elle envisagent de vivre ensemble, vont-ils jurer de même pour soixante-cinq ans ? Leurs parents héritèrent vers la trentaine, ils attendront la vieillesse pour recevoir ce legs. Ils ne connaissent plus les mêmes âges, ni le même mariage ni la même transmission de biens. Partant pour la guerre, fleur au fusil, leurs parents offraient à la patrie une espérance de vie brève ; y courront-ils, de même, avec, devant eux, la promesse de six décennies ?

- Depuis soixante ans, intervalle unique dans notre histoire, il et elle n’ont jamais connu de guerre, ni bientôt leurs dirigeants ni leurs enseignants. Bénéficiant d ‘une médecine enfin efficace et, en pharmacie, d’antalgiques et d’anesthésiques, ils ont moins souffert, statistiquement parlant, que leurs prédécesseurs. Ont-ils eu faim ? Or, religieuse ou laïque, toute morale se résumait en des exercices destinés à supporter une douleur inévitable et quotidienne : maladies, famine, cruauté du monde. Ils n’ont plus le même corps ni la même conduite ; aucun adulte ne sut leur inspirer une morale adaptée.

- Alors que leurs parents furent conçus à l’aveuglette, leur naissance est programmée. Comme, pour le premier enfant, l’âge moyen de la mère a progressé de dix à quinze ans, les parents d’élèves ont changé de génération. Pour plus de la moitié, ces parents ont divorcé. Ils n’ont plus la même généalogie.

- Alors que leurs prédécesseurs se réunissaient dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d’un collectif où se côtoyent désormais plusieurs religions, langues, provenances et mœurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle. Pendant combien de temps pourront-ils encore chanter l’ignoble “sang impur” de quelque étranger ? Ils n’ont plus le même monde mondial, ils n’ont plus le même monde humain. Mais autour d’eux, les filles et les fils d’immigrés, venus de pays moins riches, ont vécu des expériences vitales inverses.

Bilan temporaire. Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques, la moisson d’été, dix conflits, cimetières, blessés, affamés, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts, sans avoir expérimenté dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ?

VOILÀ POUR LE CORPS ; VOICI POUR LA CONNAISSANCE

- Leurs ancêtres fondaient leur culture sur un horizon temporel de quelques milliers d’années, ornées par l’Antiquité gréco-latine, la Bible juive, quelques tablettes cunéiformes, une préhistoire courte. Milliardaire désormais, leur horizon temporel remonte à la barrière de Planck, passe par l’accrétion de la planète, l’évolution des espèces, une paléo-anthropologie millionnaire. N’habitant plus le même temps, ils vivent une toute autre histoire.

- Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est “mort” et l’image la plus représentée celle de cadavres. Dès l’âge de douze ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de vingt mille meurtres.

- Ils sont formatés par la publicité ; comment peut-on leur apprendre que le mot relais, en français s’écrit “- ais”, alors qu’il est affiché dans toutes les gares “- ay” ? Comment peut-on leur apprendre le système métrique, quand, le plus bêtement du monde, la SNCF leur fourgue des “s’miles” ?

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque pauvres et discrets, même s’ils détiennent le record mondial des prix Nobel récents et des médailles Fields par rapport au nombre de la population, nos enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs dominants, riches et bruyants.

Ces enfants habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois.

Ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme nous, leurs ascendants. Ils n’ont plus la même tête.

- Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous habitions un espace métrique, référé par des distances. Ils n’habitent plus le même espace.

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus, sous soins palliatifs, la même mort. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.

- Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de dactylo.

- Ils ne parlent plus la même langue. Depuis Richelieu, l’Académie française publie, à peu près tous les vingt ans, pour référence, le dictionnaire de la nôtre. Aux siècles précédents, la différence entre deux publications s’établissait autour de quatre à cinq mille mots, chiffres à peu près constants ; entre la précédente et la prochaine, elle sera d’environ trente mille. A ce rythme, on peut deviner qu’assez vite, nos successeurs pourraient se trouver, demain, aussi séparés de notre langue que nous le sommes, aujourd’hui, de l’ancien français pratiqué par Chrétien de Troyes ou Joinville. Ce gradient donne une indication quasi photographique des changements que je décris. Cette immense différence, qui touche toutes les langues, tient, en partie, à la rupture entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Petite Poucette et son ami ne s’évertueront plus aux mêmes travaux. La langue a changé, le labeur a muté.

L’INDIVIDU

Mieux encore, les voilà devenus tous deux des individus. Inventé par saint Paul, au début de notre ère, l’individu vient de naître ces jours-ci. De jadis jusqu’à naguère, nous vivions d’appartenances : français, catholiques, juifs, protestants, athées, gascons ou picards, femmes ou mâles, indigents ou fortunés… nous appartenions à des régions, des religions, des cultures, rurales ou urbaines, des équipes, des communes, un sexe, un patois, la Patrie. Par voyages, images, Toile et guerres abominables, ces collectifs ont à peu près tous explosé.

Ceux qui restent s’effilochent. L’individu ne sait plus vivre en couple, il divorce ; ne sait plus se tenir en classe, il bouge et bavarde ; ne prie plus en paroisse ; l’été dernier, nos footballeurs n’ont pas su faire équipe ; nos politiques savent-ils encore construire un parti plausible ou un gouvernement stable ? On dit partout mortes les idéologies ; ce sont les appartenances qu’elles recrutaient qui s’évanouissent.

Cet nouveau-né individu, voilà plutôt une bonne nouvelle. A balancer les inconvénients de ce que l’on appelle égoïsme par rapport aux crimes commis par et pour la libido d’appartenance – des centaines de millions de morts –, j’aime d’amour ces jeunes gens.

Cela dit, reste à inventer de nouveaux liens. En témoigne le recrutement de Facebook, quasi équipotent à la population du monde. Comme un atome sans valence, Petite Poucette est toute nue. Nous, adultes, n’avons inventé aucun lien social nouveau. L’entreprise généralisée du soupçon et de la critique contribua plutôt à les détruire.

Rarissimes dans l’histoire, ces transformations, que j’appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large et si évidente que peu de regards l’ont mesurée à sa taille, comparable à celles visibles au néolithique, à l’aurore de la science grecque, au début de l’ère chrétienne, à la fin du Moyen Age et à la Renaissance.

Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classes, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même… cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus.

Trois questions, par exemple : que transmettre ? A qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

QUE TRANSMETTRE ? LE SAVOIR !

Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps du savant, aède ou griot. Une bibliothèque vivante… voilà le corps enseignant du pédagogue. Peu à peu, le savoir s’objectiva : d’abord dans des rouleaux, sur des velins ou parchemins, support d’écriture ; puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d’imprimerie ; enfin, aujourd’hui, sur la toile, support de messages et d’information. L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea au moins trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la Paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.

Objectivé, certes, mais, de plus, distribué. Non concentré. Nous vivions dans un espace métrique, dis-je, référé à des centres, à des concentrations. Une école, une classe, un campus, un amphi, voilà des concentrations de personnes, étudiants et professeurs, de livres en bibliothèques, d’instruments dans les laboratoires… ce savoir, ces références, ces textes, ces dictionnaires… les voilà distribués partout et, en particulier, chez vous – même les observatoires ! mieux, en tous les lieux où vous vous déplacez ; de là étant, vous pouvez toucher vos collègues, vos élèves, où qu’ils passent ; ils vous répondent aisément. L’ancien espace des concentrations – celui-là même où je parle et où vous m’écoutez, que faisons-nous ici ? – se dilue, se répand ; nous vivons, je viens de le dire, dans un espace de voisinages immédiats, mais, de plus, distributif. Je pourrais vous parler de chez moi ou d’ailleurs, et vous m’entendriez ailleurs ou chez vous, que faisons-nous donc ici ?

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support et par lui. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête vient de muter encore une fois. De même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies. Et, je le répète, elles ne sont qu’une variable quelconque parmi la dizaine ou la vingtaine que j’ai citée ou pourrais énumérer.

Ce changement si décisif de l’enseignement – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais aussi le travail, les entreprises, la santé, le droit et la politique, bref, l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin.

Probablement, parce que ceux qui traînent, dans la transition entre les derniers états, n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps effacés. Enseignant pendant un demi-siècle sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia, même artificiel : les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider.

Oui, depuis quelques décennies je vois que nous vivons une période comparable à l’aurore de la Paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; semblable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, les métiers, l’espace, l’habitat, l’être-au-monde.

ENVOI

Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias, nos projets adaptés à la société du spectacle. Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu’elles étaient mortes depuis longtemps déjà.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d’en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n’entendirent pas venir le contemporain. Si j’avais eu à croquer le portrait des adultes, dont je suis, ce profil eût été moins flatteur.

Je voudrais avoir dix-huit ans, l’âge de Petite Poucette et de Petit Poucet, puisque tout est à refaire, puisque tout reste à inventer. Je souhaite que la vie me laisse assez de temps pour y travailler encore, en compagnie de ces Petits, auxquels j’ai voué ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aimés.


Pour lire l’intégralité des textes de la coupole du 1er mars, reportez-vous sur le site de l’Institut de France.

Michel Serres, de l’Académie française

Les nouveaux défis de l’éducation

Point de vue Ecole et Nation

Slate.fr : Marcher, c’est bon pour la mémoire

Samedi 12 février 2011

http://www.slate.fr/lien/34153/marcher-bon-pour-memoire

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Marcher, c’est bon pour la mémoire

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 De quoi allez-vous mourir?

Une étude américaine publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) démontre que les personnes qui pratiquent une marche rapide trois fois par semaine à partir de 55 ans répondent mieux aux tests de mémoire et augmentent la taille de leur hippocampe, rapporte le site doctor.ndtv.

L’hippocampe «est cette région du cerveau qui joue un rôle primordial dans la mémoire. En vieillissant, l’hippocampe s’atrophie», rappelle le site Canoe. Chez les adultes en bonne santé l’hippocampe rétrécit d’environ 1 à 2% par an, et la diminution est encore plus rapide chez les personnes atteintes de démence. Le rétrécissement du cerveau est associée à une altération de la mémoire chez les personnes âgées, explique doctor.ndtv.

Les chercheurs américains ont étudié un groupe de 120 personnes âgées d’une soixantaine d’années en bonne santé mais sédentaires.

  • Un premier groupe devait marcher pendant 40 minutes d’affilée trois fois par semaine.
  • Le second groupe n’effectuait que des étirements, des exercices de tonification et du yoga.

Au bout de six mois puis d’un an, les personnes étudiées ont passé des IRM. Les chercheurs ont également examiné plusieurs biomarqueurs associés à la santé du cerveau, dont le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une petite molécule qui est impliquée dans l’apprentissage et la mémoire.

Les deux groupes avaient fait des progrès en matière de mémoire spatiale, c’est-à-dire la mémoire qui nous permet de retrouver notre chemin, ou encore de savoir où l’on a laissé nos clefs, par exemple.

En revanche, une grande différence a été relevé entre les deux groupes témoins. Le New York Times explique:

«Au bout d’un an, les scanners du cerveau ont montré que, parmi les marcheurs, l’hippocampe a augmenté en volume d’environ 2% en moyenne; chez les autres, il avait diminué d’environ 1,4%. Alors qu’une telle atrophie est normale chez les personnes âgées, “une augmentation de 2% est assez importante”, a déclaré l’auteur principal, Kirk Erickson, un psychologue à l’Université de Pittsburgh.»

Le même chercheur, cité par Canoe, déclare:

«Nous pensions que l’atrophie de l’hippocampe en vieillissant était pratiquement inévitable, mais nous avons montré par cette étude que des exercices cardiovasculaires, même modérés, pendant un an pouvaient accroître la taille de cette structure cérébrale et que le cerveau, à ce stade de vieillissement, restait modifiable.»

D’autant que, fait-il remarquer, 40 minutes trois fois par semaine, «ce n’est pas trop d’exercice».

Photo: Marche / P0todd0p via Wikimedia

Lundi 18 avril 2011

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Quel est le meilleur exercice pour le corps humain?

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 Le sexe (épisodique) peut vous tuer

 Plus on fait de sport, plus on consomme d’alcool

 Marcher, c’est bon pour la mémoire

Quel est le meilleur exercice pour le corps humain?

 http://www.slate.fr/lien/36973/meilleur-entrainement-sport

Quelle est la meilleure activité physique pour le corps humain? A première vue, la question semble plutôt simple. Le site américain Huffington Post dressait en décembre une liste des activités les plus «rentables» pour l’organisme, celles qui dans un temps donné font le plus fonctionner notre métabolisme. Mais la journaliste du New York Times Gretchen Reynolds, qui a enquêté sur la question auprès de nombreux experts, s’est vite rendue compte qu’il n’y avait pas une réponse claire et définitive:

«Demandez à une douzaine de physiologistes quel est le meilleur exercice, et vous obtiendrez une douzaine de réponses extrêmement divergentes.»

En fait, une des seules règles sur laquelle tous les spécialistes s’accordent est la suivante: il faut trouver une activité que vous pouvez pratiquer régulièrement. Une récente méta-analyse des études sur l’activité physique et la mortalité a en effet montré que le risque de mort prématurée chez une personne sédentaire chute d’en moyenne 20% si elle se met à la marche rapide (ou un équivalent) à raison de cinq sessions de 30 minutes hebdomadaires.

Les bénéfices de la marche à pied ne sont plus à démontrer. Gretchen Reynolds cite les travaux d’un chercheur japonais qui a mesuré les effets d’un programme de marche fractionnée (trois minutes de marche rapide suivies de trois minutes de marche lente, répété 10 fois) de cinq mois sur des milliers de séniors. La forme physique globale des personnes a augmenté de 20%, et les symptômes de maladies comme l’hypertension, l’hyperglycémie ou l’obésité ont diminué de 20%. La marche permet également de mieux contrôler son poids.

Chez les sportifs, pour qui la marche ne présente pas beaucoup de bénéfices, le professeur de kinésiologie Stuart Phillips recommande les flexions, un exercice «très puissant» qui «active les plus gros muscles du corps, ceux des fesses, du dos et des jambes». Mais un programme basé uniquement sur les flexions, ou plus généralement sur la musculation, peut vite devenir ennuyeux.

Il existe une activité qui est à la fois plus ardue que la marche et qui fait travailler la puissance comme les flexions: l’entraînement par intervalles à haute intensité (H.I.T.), qui consiste en des sessions qui alternent un exercice très intense (vélo d’intérieur à puissance maximale, sprint) sur des courtes durées (30-60 secondes) et des phases de récupération. Seul bémol: l’exercice doit «faire mal pour être efficace»

Photo: Des athlètes s’entraînent pour un marathon à Bombay en 2004, REUTERS/Arko Datta 


France culture : philosophie : chemin de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance

par Raphaël Enthoven

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance.html-0

Qu’attendons-nous pour être heureux ?

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-1ere-semaine-25-qu-attendons-nous-pour-et

Le rôle des amateurs (2/2) : le numérique transforme-t-il l’amateur ?

»31.03.11Le rôle des amateurs (2/2) : le numérique transforme-t-il l’amateur ?

http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/

[+]30.03.11Le rôle des amateurs (1/2) : Qu’est-ce qu’un amateur ?  [+]

http://www.internetactu.net/2011/03/30/le-role-des-amateurs-12-quest-ce-quun-amateur/

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L’économie comme science “complexe”

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/04/01/l-economie-comme-science-complexe_1502008_651865.html

http://www.internetactu.net/2011/03/29/quand-leconomie-devient-complexe/

A la UneTechnologies

L’économie comme science “complexe”

LEMONDE.FR | 01.04.11 | 17h47

Les sciences de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des graphismes, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?

La recherche d’applications pratiques… C’est ce Graal que les chercheurs du domaine traquent activement. On l’a vu dans un récent article où Dirck Helbingtentait de simuler le monde.

Un autre scientifique dont le nom est revenu à plusieurs reprises ces derniers temps est celui de Yaneer Bar-Yam, président de l’Institut pour les systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre (Necsi). Il s’efforce de comprendre comment les systèmes complexes se manifestent dans les différents domaines de la connaissance : écologie, économie, politique… Il s’attaque ainsi à la question des crises économiques, nous apprend un récent article de Wired.

Bar-Yam affirme ainsi avoir repéré, dans la masse de données des fluctuations des marchés, un indicateur fondamental annonciateur des kraches.Il s’agit d’un comportement des marchés qui se caractérise par une tendance croissante à l’imitation de la part des acteurs. En général, les ventes et les achats s’équilibrent : environ 50% des actions augmentent quand 50% baissent. Lorsqu’un krash approche, le “co-mouvement” s’accroît. Autrement dit, un des deux mouvements dépasse significativement la barre des 50%.

Certes, a priori cette constatation n’a rien de novateur. Les économistes ont remarqué depuis belle lurette que les comportements massifs incontrôlables à l’origine d’une “bulle” ou au contraire d’une “panique” annoncent souvent des crises. Mais il existe des différences entre les travaux de Bar-Yam et cette vision commune. D’abord, pour ce chercheur, cette tendance s’inscrit dans le long terme, et n’intervient pas quelques jours voire quelques mois avant le “krach”. Ainsi, avant la crise de 2008, le “co-mouvement” n’a cessé d’augmenter de manière régulière pendant plus de quatre ans. Il ne s’agit donc pas d’une situation où les marchés rentrent dans une phase de panique rapide due à un réflexe collectif. Dans l’illustration ci-dessous, la courbe du haut montre le développement des “co-mouvements”. Plus le niveau est bas, plus la tendance à l’imitation est importante. On le voit, c’est un comportement qui va en s’accroissant dès 2003.

De plus, la cause de ce comportement d’imitation n’est pas exogène, autrement dit créée par des évènements extérieurs. Le phénomène est, au contraire, endogène, intrinsèque au mouvement des marchés. Pour l’équipe de Bar-Yam, il s’agit bien d’un effet de “panique”, mais d’une panique “auto-induite”, qui ne dépend pas directement des évènements extérieurs ou même des “bulles” spéculatives, quoique ces éléments puissent, bien entendu, jouer un rôle d’amplificateur dans le déclenchement de la crise. Par exemple, à propos du mini-krach du 17 septembre 2001 (le premier jour de bourse après les attentats du World Trade Center) Bar-Yam et ses collègues remarquaient dans leur papier publié sur arXiv que leurs recherches tendaient ”à confirmer que cet événement n’était pas seulement une réaction au 11 septembre, mais qu’il était largement dépendant de la dynamique du marché“.

Cette capacité à créer de la nouveauté sans avoir à recevoir d’information du monde extérieur semble bien une caractéristique fondamentale des systèmes complexes. Avant ce travail sur l’économie, Bar-Yam avait publié en 2009 un article sur la biologie qui aboutissait à des conclusions assez similaires. Selon lui, l’évolution des espèces était susceptible de se produire au sein d’une population de manière purement intrinsèque, par l’unique jeu des combinaisons génétiques et des mutations aléatoires. Autrement dit, pas besoin d’invoquer la nécessité pour les espèces de s’adapter à un environnement qui deviendrait l’arbitre des mutations, comme le suggère la théorie classique de la sélection naturelle. On ne peut que comparer cette nouvelle vision de l’évolution à celle des marchés évoluant spontanément vers des “catastrophes” indépendamment du monde extérieur ou presque.

PRÉVOIR LES TRANSFORMATIONS

L’article de Wired souligne que les travaux de Bar Yam appartiennent à une nouvelle branche qu’on appelle “l’éconophysique”, autrement dit l’application au domaine social des comportements observés dans le monde matériel. Dans le cas des crises économiques, il s’agirait d’un processus nommé “transition de phase”, comme la transformation de l’eau en glace ou, au contraire, en vapeur. Dans les transitions de phase, un processus lent, presque invisible se précipite brusquement pour changer l’état du système. On a alors l’impression que la transformation s’effectue “par surprise”. Cela dit, le terme éconophysique est peut-être récent, mais l’étude de ces phases de transition est une caractéristique connue des systèmes complexes depuis longtemps. On appelle cela la “criticalité auto-organisée” et ce concept est au coeur du domaine depuis plus de deux décennies.

Les théories de la complexité ont largement inspiré Nassim Nicholas Taleb qui en raconte les effets dans son fameux livre Le Cygne Noir (aucune relation avecNathalie Portman). Taleb utilise les théories de la complexité pour moquer les économistes qui évaluent les risques en termes “gaussiens”, en traçant une courbe, une “moyenne” où les évènements les plus extrêmes sont également les moins probables. Au contraire, dans une vision “complexe” de l’économie ou de la société, les “catastrophes”, les “cygnes noirs” (qui peuvent d’ailleurs aussi être positifs, comme le montrent les révolutions récentes dans le monde arabe) ont toutes les chances de se produire, et bien plus vite qu’on ne le pense.

Les théories de Bar Yam ne sont donc pas révolutionnaires, mais constituent plus probablement un clou supplémentaire dans le cercueil de l’économie classique. Cette recherche présente également l’intérêt de reposer sur un calcul assez simple (enfin, assez simple pour des mathématiciens), impliquant un paramètre unique. Elle propose un moyen d’explorer et d’anticiper l’arrivée de ces “catastrophes”, et pourrait donc, si elle est confirmée, avoir des conséquences pratiques. Elle permettrait, sinon de prévoir l’imprévisible, du moins de s’y préparer intelligemment…

Rémi Sussan

France inter, 5 à 6, des beaux livres

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/un-jour-tout-neuf/
par Brigitte Patient
du lundi au vendredi de 5h à 6h

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vendredi 11 mars 2011

Un jour tout neuf avec Maurice BAUX

Madame Brigitte Patient

C’est un plaisir de commencer de très bon matin par l’écoute d’un entretien où avant tout l’auditeur reçoit l’écho d’une bienveillance sincère. Car c’est bien votre bienveillance et votre sincérité qui nous réveillent. Il faut beaucoup de force d’âme pour avoir si tôt votre qualité d’écoute de l’autre. Ainsi, très naturellement, quand votre invité offre aux auditeurs sa tranche de vie, c’est aussi une part manifeste de confiance qui passe sur vos ondes. La confiance, la sincérité, la bienveillance, et en prime, une tranche de vie, quels beaux réveils vous nous faites.

Quelqu’un a écrit, qu’une vie réussie est une vie où l’on a su, recevoir, célébrer et transmettre. Comme beaucoup de vos auditeurs matinaux, je reçois beaucoup à votre écoute, aussi à mon tour je vous propose de vous rencontrer au micro, pour transmettre, peut être un peu de soleil avec mon accent du sud, peut-être un peu d’optimisme en m’ouvrant sur quelques aspects de mon métier-passion, ou sur tout autre sujet personnel mais sans trop.

Depuis 7 ans, je suis bouquiniste bolegayre (prononcer “boulégaÏre” comme dans « ail »). Le bolegayre est celui qui remue qui agite. Je suis donc bouquiniste agitateur dans l’angle d’une magnifique place qui est un lieu simplement magique, riche de légendes que j’aime transcrire et partager. En cœur de ville, de façon informelle, avec la complicité d’amis artistes et bons vivants, j’anime autour de ma bouquinerie un foyer d’actions souvent culturelles, parfois insolites, toujours inattendues.

Dans une autre vie, pendant vingt ans et avec bonheur, j’ai enseigné dans le cadre d’un mouvement d’éducation populaire, l’image ; la technique et l’expression photographiques, la sémiologie de l’image, le reportage, etc. J’ai eu la chance de conduire cette mission d’enseignement avec des publics très différents, grâce à eux j’ai beaucoup appris sur bien des domaines et pas mal sur moi-même…

Encore merci pour tout. Participer avec vous à un réveil vivifiant, sur France Inter serait pour moi un met de fin gourmet.

Bien amicalement Maurice Baux

liens

France_inter:telephone sonne : Fiabilité des sondages

Radio France Inter : Emission  « Telephone sonne »

lundi 14 février 2011,  19h20

Questions sur la transparence et la fiabilité des sondages politiques…

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=101201

http://sites.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=4170&BD=14022011

http://sites.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=4170&BD=14022011

Les sondages fleurissent déjà pour l’élection présidentielle de 2012. Peut-on ainsi parler “d’intentions de vote” 16 mois avant le scrutin sans même con- naître les noms des candidats définitifs ? Le Sénat examine aujourd’hui une proposition de loi prévoyant que les citoyens aient accès aux marges d’erreur des sondages, aux taux de non-réponses et aux méthodes de “redressement”

Invités :

- Jean-Pierre Sueur, Sénateur socialiste du Loiret

- Hughes Portelli, Sénateur UMP du Val d’Oise

(auteurs tous deux d’un Rapport sur les sondages publié l’automne dernier)

- Edouard Lecerf, Directeur Général de TNS-Sofrès

- Yannick Carriou, Directeur Général d’IPSOS

par téléphone Stéphane Rozès, président de Cap Conseil Analyse et Perspectives, enseignant à HEC et Sciences Po

France Inter, Service Public, Les livres numériques : pourquoi vous n’y échapperez pas

2011 Fev 10 Je
lundi 7 février 2011
Les livres numériques : pourquoi vous n’y échapperez pas
.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/index.php?id=100918

http://sites.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=10765&BD=07022011

lundi 7 février 2011
Les livres numériques : pourquoi vous n’y échapperez pas…

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invités

Philippe Moati
directeur de recherche au Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), Professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot

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Matthieu de Montchalin
(librairie L’Armitière, Rouen), vice-président du Syndicat de la librairie française

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Ronald Blunden
directeur de la communication des Editions Hachette

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programmation musicale
> Abd Al Malik / Wallen : Mon amour
> Agnès Obel : Riverside
Le reportage
Une grosse partie du travail des libraires ne consiste pas à lire des livres pour les conseiller à leurs clients… mais à recevoir des commerciaux ! J’ai rencontré une ancienne représentante de maison d’édition. Appelons-la Véronique, elle préfère rester anonyme. Elle n’est plus représentante depuis quelques mois, ce qui lui permet de parler librement de ce métier mal connu. Son job : faire le tour des librairies de son secteur et placer ses livres. Et les techniques commerciales n’ont parfois rien à envier à celles de la grande distribution. Véronique travaillait pour une douzaine d’éditeurs différents. Nous sommes allées ensemble à la librairie l’Imagigraphe, dans le 11ème arrondissement de Paris. La patronne, Isabelle Leclerc, reçoit quatre à cinq représentants par jour, tous les jours.

Dorothée Barba

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La chronique
Le marché du livre à l’heure de la numérisation

Comparé aux marchés de la musique, de la vidéo ou à celui de la presse, le marché du livre se porte plutôt bien. Le livre, il est vrai, est peu piraté sur Internet. Il n’y cependant pas de quoi pavoiser : la croissance est molle, ses ressorts de long terme fatigués et, surtout, l’arrivée du numérique plante un gigantesque point d’interrogation sur le futur du marché et la manière dont il est organisé.

Un marché qui se maintient malgré une dynamique de lecture inquiétante

Si les sources sont contradictoires dans le détail, elles s’accordent sur l’image d’un marché dont le taux de croissance flirte chaque année avec le 0, avec une variabilité sans lien direct avec la conjoncture macroéconomique. Cette stabilité tendancielle contraste avec l’augmentation continue du nombre de titres mis sur le marché (620 000 références en vente en 2009, en hausse de 45 % par rapport à 2004). Ce dynamisme éditorial contribue probablement à la stimulation de la demande ; il témoigne aussi de l’abaissement du seuil de rentabilité avec l’introduction du numérique dans la production du livre, qui encourage les éditeurs à multiplier les lancements dans l’espoir de réussir à entrer dans la liste convoitée des best-sellers. A la clé, une diminution tendancielle du tirage moyen et un encombrement des tables des libraires (et du bureau des critiques…) qui réduit la durée de vie commerciale des titres.

Et puis, si le marché se maintient, le poids des achats de livres dans le budget des ménages s’inscrit dans une tendance à la baisse depuis le début des années 1970, qui s’accélère depuis quelques années. Il est vrai que la mise en place progressive de la gratuité des manuels scolaires dans les lycées à partir de 2001 a contribué au mouvement, de même que l’augmentation du poids des livres de poche dans la structure des ventes. Plus inquiétant, les enquêtes du ministère de la Culture sur les pratiques culturelles des Français ont mis en évidence un recul du nombre des forts et moyens lecteurs depuis les années 1980. Désormais, 53 % des Français admettent lire peu ou pas du tout. Le recul de la lecture s’observe dans toutes les tranches d’âge, mais il est particulièrement marqué chez les plus jeunes. Autrement dit, les jeunes d’aujourd’hui lisent moins que leurs aînés au même âge. La clientèle a donc tendance à vieillir. Et quand on sait de surcroît que, passé la cinquantaine, les achats de livres déclinent avec l’âge, on comprend que la démographie est doublement défavorable au marché du livre.

Un réseau de libraires qui s’étiole

Le marché du livre se distingue également de la plupart des autres marchés de produits culturels par la structure de sa distribution. Alors que les disquaires ont pour ainsi dire disparu, les librairies réalisent encore à peu près un quart des ventes de livres (y compris les maisons de la presse et les librairies-papeteries). Cette spécificité de la distribution du livre doit beaucoup, bien sûr, à la loi sur le prix unique du livre (loi Lang de 1981), dont l’objectif était précisément de maintenir un réseau dense de librairies en les protégeant des effets d’une concurrence par les prix. Ce soutien réglementaire – régulièrement remis en question – est justifié par le rôle que les libraires jouent dans la promotion de la création littéraire et de la diversité culturelle.

Pour autant, la situation des libraires est préoccupante. Depuis une douzaine d’années, leur part de marché recule régulièrement (elle était de 33 % en 1994). Elles ont à faire face à la concurrence des grandes surfaces spécialisées dans le commerce de biens culturels (22% du marché). Ce format de vente a connu un développement très important au cours de la dernière décennie, au travers de l’expansion du réseau des enseignes leaders (la Fnac et Virgin), mais aussi par le développement de réseaux plus jeunes implantés en périphérie, en particulier Cultura et les « Centre culturels » Leclerc. Les libraires doivent également affronter la concurrence des grandes surfaces alimentaires qui représentent près de 20 % du marché. Pour les hypers, la loi sur le prix unique rend la vente de livre particulièrement rentable… Leur offre, souvent concentrée sur les « meilleures ventes », touche un large public. Face à la crise du marché de la musique et de celui de la vidéo, grandes surfaces spécialisées et hypermarchés ont eu tendance à réallouer leurs surfaces de vente au profit du livre (mais aussi du jeu vidéo), renforçant la pression sur les libraires. Le plus souvent implantés en centre-ville, ceux-ci souffrent de la montée des coûts de l’immobilier commercial qui, combinée à des frais de personnel importants, étrangle la rentabilité des entreprises. Celle-ci, qui a eu tendance à se dégrader au cours des dernières années, atteint souvent des niveaux alarmants. Les libraires affrontent donc les défis de la numérisation en état de faiblesse.

Le e-commerce, la première vague de la révolution numérique

Comme tous les secteurs du commerce, la distribution du livre a été affectée par la naissance du e-commerce. Les produits culturels ont d’ailleurs été parmi les premiers produits vendus en ligne. Malgré la loi sur le prix unique, qui a empêché l’apparition de « cyberdiscounters », le e-commerce s’est emparé en une quinzaine d’années de près de 10 % du marché du livre, pris pour une large part sur les librairies.

Les vendeurs de livres du monde physique se sont rapidement portés sur ce nouveau canal de vente. La Fnac, Cultura, Carrefour… vendent des livres en ligne. Les librairies ne sont pas en reste : Joseph Gibert, Le Furet du Nord, Decitre, Sauramps… ont leur site de e-commerce, mais aussi beaucoup de petites librairies qui s’appuient pour cela sur les services de prestataires ou qui se regroupent pour mutualiser des moyens (comme les 8 libraires réunis autour du groupement Librest en région parisienne). Très prochainement ouvrira le site 1001librairie.com, créé à l’initiative du Syndicat de la librairie française avec le concours du Centre national du livre ; il offrira une plateforme commune aux libraires indépendants

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5 derniers commentaires / 228
> de brigitte
> 07/02/2011 11h01
Pas plus tard qu’hier, j’ai reçu en cadeau, à l’occasion de mon anniversaire, un “livre-papier”. Et cela me ravit. D’ailleurs, je dis que si l’on veut me faire vraiment plaisir, on m’offre un livre!

> de pom4
> 07/02/2011 10h58
…La lecture électronique et dématérialisée ne nous aménera t-elle pas a terme a remiser le livre papier dans un musée? et l’impression du caressage d’un tronc d’arbre vivant a l’ecorce finement fibreuse et rugueuse a la sensation d’un culture hors -sol?
Nous sommes tenus au respect de nos racines et des siennes- cycle de la transformation du Vivant qui nous oblige a sa préservation.

Dicton chinois ” La poésie a pour racines le coeur humain et pour feuilles des millers de paroles”

> de Yves
> 07/02/2011 10h58
Je propose l’installation de diffuseurs d’odeurs de papier sur les e-book pour les fans du contact olfactif avec le bouquin, et des options revêtements en velin pour ceux qui aiment le toucher :p

> de Artémus
> 07/02/2011 10h57
Dans une famille il peut y avoir 5 personnes aimant lire. S’il y a UN livre numérique pour tous, à QUOI ça sert d’y inclure des centaines d’oeuvres si deux personnes ne peuvent même pas lire en même temps. UN LIVRE NUMERIQUE, C’EST COMME UNE BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE AVEC UN SEUL LECTEUR A LA FOIS. C’est idiot.

> de Brodeck
> 07/02/2011 10h54
L’argument écologique et celui du gain de place sont vraiment agaçants!
Que ferez-vous de votre vide ainsi créé? Dans votre petit appart propret et sans âme.
Le tout numérique, l’avancée technologique comme garants du bonheur, tout ça ne fonctionne pas il me semble non?
Tout doit être lisse, clean, ni trop lourd, ni trop encombrant. Les personnes qui parlent de la sensualité des pages, de leur parfum, passent pour des dinosaures, des êtres curieux mi-animaux mi-humains, rétrogrades et pourtant vous ne m’en voudrez pas de trouver toutes ces personnes extrêmement sympathiques?

Les propos publiés ici n’engagent que leurs auteurs.

France Inter,Pour une révolution fiscale

2011 Fev 10 Je
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sept-neuf/

Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez

Pour une révolution fiscale

photoLivre

La fiscalité française est asphyxiée par sa complexité, son manque de transparence et l’accumulation de privilèges pour une minorité de contribuables ultra-riches. Mais on en reste trop souvent, en la matière, à des énoncés aussi vagues que stériles. Ce livre innove en proposant une critique d’ensemble du système fiscal français. Il démontre scientifiquement, pour la première fois, le caractère régressif de l’impôt dans notre pays (ce qui signifie que, tous prélèvements confondus, les taux d’imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s’abaissent pour les plus riches). Pour cette raison, il fera date. Mais cette analyse au scalpel ne se contente pas de mettre au jour l’injustice du système. Elle plaide pour une révolution fiscale, chiffrée et opérationnelle, fondée sur trois principes : équité, progressivité réelle, démocratie. Ce livre contribue de manière décisive à l’édification d’une nouvelle critique sociale et se pose au centre du débat politique pour les années à venir.
Pour la première fois dans le monde, un site Internet permet à chacun d’évaluer les propositions des auteurs et de concevoir une réforme alternative : www.revolution-fiscale.fr.
-Présentation de l’éditeur-
éditeur : La République des idées/Seuil 

parution : 20/01/2011

http://www.dailymotion.com/swf/video/xgyx39?additionalInfos=0
Thomas Piketty
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éditeur : La République des idées/Seuil
parution : 20/01/2011

 

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Thomas Piketty
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Thomas Piketty
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