Le Monde : Eduquer au XXIe siècle, Michel Serres

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Eduquer au XXIe siècle

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LEMONDE.FR | 05.03.11 | 13h39  •  Mis à jour le 07.03.11 | 08h50

Michel Serres

Michel SerresAFP/ETIENNE DE MALGLAIVE

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Ce nouvel écolier, cette jeune étudiante n’a jamais vu veau, vache, cochon ni couvée. En 1900, la majorité des humains, sur la planète, travaillaient au labour et à la pâture ; en 2011, la France, comme les pays analogues, ne compte plus qu’un pour cent de paysans. Sans doute faut-il voir là une des plus fortes ruptures de l’histoire, depuis le néolithique. Jadis référée aux pratiques géorgiques, la culture, soudain, changea. Celle ou celui que je vous présente ne vit plus en compagnie des vivants, n’habite plus la même Terre, n’a plus le même rapport au monde. Elle ou il n’admire qu’une nature arcadienne, celle du loisir ou du tourisme.

– Il habite la ville. Ses prédécesseurs immédiats, pour plus de la moitié, hantaient les champs. Mais, devenu sensible à l’environnement, il polluera moins, prudent et respectueux, que nous autres, adultes inconscients et narcisses. Il n’a plus la même vie physique, ni le même monde en nombre, la démographie ayant soudain bondi vers sept milliards d’humains ; il habite un monde plein.

– Son espérance de vie va vers quatre-vingts ans. Le jour de leur mariage, ses arrière-grands-parents s’étaient juré fidélité pour une décennie à peine. Qu’il et elle envisagent de vivre ensemble, vont-ils jurer de même pour soixante-cinq ans ? Leurs parents héritèrent vers la trentaine, ils attendront la vieillesse pour recevoir ce legs. Ils ne connaissent plus les mêmes âges, ni le même mariage ni la même transmission de biens. Partant pour la guerre, fleur au fusil, leurs parents offraient à la patrie une espérance de vie brève ; y courront-ils, de même, avec, devant eux, la promesse de six décennies ?

– Depuis soixante ans, intervalle unique dans notre histoire, il et elle n’ont jamais connu de guerre, ni bientôt leurs dirigeants ni leurs enseignants. Bénéficiant d ‘une médecine enfin efficace et, en pharmacie, d’antalgiques et d’anesthésiques, ils ont moins souffert, statistiquement parlant, que leurs prédécesseurs. Ont-ils eu faim ? Or, religieuse ou laïque, toute morale se résumait en des exercices destinés à supporter une douleur inévitable et quotidienne : maladies, famine, cruauté du monde. Ils n’ont plus le même corps ni la même conduite ; aucun adulte ne sut leur inspirer une morale adaptée.

– Alors que leurs parents furent conçus à l’aveuglette, leur naissance est programmée. Comme, pour le premier enfant, l’âge moyen de la mère a progressé de dix à quinze ans, les parents d’élèves ont changé de génération. Pour plus de la moitié, ces parents ont divorcé. Ils n’ont plus la même généalogie.

– Alors que leurs prédécesseurs se réunissaient dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d’un collectif où se côtoyent désormais plusieurs religions, langues, provenances et mœurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle. Pendant combien de temps pourront-ils encore chanter l’ignoble « sang impur » de quelque étranger ? Ils n’ont plus le même monde mondial, ils n’ont plus le même monde humain. Mais autour d’eux, les filles et les fils d’immigrés, venus de pays moins riches, ont vécu des expériences vitales inverses.

Bilan temporaire. Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques, la moisson d’été, dix conflits, cimetières, blessés, affamés, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts, sans avoir expérimenté dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ?

VOILÀ POUR LE CORPS ; VOICI POUR LA CONNAISSANCE

– Leurs ancêtres fondaient leur culture sur un horizon temporel de quelques milliers d’années, ornées par l’Antiquité gréco-latine, la Bible juive, quelques tablettes cunéiformes, une préhistoire courte. Milliardaire désormais, leur horizon temporel remonte à la barrière de Planck, passe par l’accrétion de la planète, l’évolution des espèces, une paléo-anthropologie millionnaire. N’habitant plus le même temps, ils vivent une toute autre histoire.

– Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est « mort » et l’image la plus représentée celle de cadavres. Dès l’âge de douze ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de vingt mille meurtres.

– Ils sont formatés par la publicité ; comment peut-on leur apprendre que le mot relais, en français s’écrit « – ais », alors qu’il est affiché dans toutes les gares « – ay » ? Comment peut-on leur apprendre le système métrique, quand, le plus bêtement du monde, la SNCF leur fourgue des « s’miles » ?

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque pauvres et discrets, même s’ils détiennent le record mondial des prix Nobel récents et des médailles Fields par rapport au nombre de la population, nos enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs dominants, riches et bruyants.

Ces enfants habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois.

Ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme nous, leurs ascendants. Ils n’ont plus la même tête.

– Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous habitions un espace métrique, référé par des distances. Ils n’habitent plus le même espace.

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus, sous soins palliatifs, la même mort. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.

– Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de dactylo.

– Ils ne parlent plus la même langue. Depuis Richelieu, l’Académie française publie, à peu près tous les vingt ans, pour référence, le dictionnaire de la nôtre. Aux siècles précédents, la différence entre deux publications s’établissait autour de quatre à cinq mille mots, chiffres à peu près constants ; entre la précédente et la prochaine, elle sera d’environ trente mille. A ce rythme, on peut deviner qu’assez vite, nos successeurs pourraient se trouver, demain, aussi séparés de notre langue que nous le sommes, aujourd’hui, de l’ancien français pratiqué par Chrétien de Troyes ou Joinville. Ce gradient donne une indication quasi photographique des changements que je décris. Cette immense différence, qui touche toutes les langues, tient, en partie, à la rupture entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Petite Poucette et son ami ne s’évertueront plus aux mêmes travaux. La langue a changé, le labeur a muté.

L’INDIVIDU

Mieux encore, les voilà devenus tous deux des individus. Inventé par saint Paul, au début de notre ère, l’individu vient de naître ces jours-ci. De jadis jusqu’à naguère, nous vivions d’appartenances : français, catholiques, juifs, protestants, athées, gascons ou picards, femmes ou mâles, indigents ou fortunés… nous appartenions à des régions, des religions, des cultures, rurales ou urbaines, des équipes, des communes, un sexe, un patois, la Patrie. Par voyages, images, Toile et guerres abominables, ces collectifs ont à peu près tous explosé.

Ceux qui restent s’effilochent. L’individu ne sait plus vivre en couple, il divorce ; ne sait plus se tenir en classe, il bouge et bavarde ; ne prie plus en paroisse ; l’été dernier, nos footballeurs n’ont pas su faire équipe ; nos politiques savent-ils encore construire un parti plausible ou un gouvernement stable ? On dit partout mortes les idéologies ; ce sont les appartenances qu’elles recrutaient qui s’évanouissent.

Cet nouveau-né individu, voilà plutôt une bonne nouvelle. A balancer les inconvénients de ce que l’on appelle égoïsme par rapport aux crimes commis par et pour la libido d’appartenance – des centaines de millions de morts –, j’aime d’amour ces jeunes gens.

Cela dit, reste à inventer de nouveaux liens. En témoigne le recrutement de Facebook, quasi équipotent à la population du monde. Comme un atome sans valence, Petite Poucette est toute nue. Nous, adultes, n’avons inventé aucun lien social nouveau. L’entreprise généralisée du soupçon et de la critique contribua plutôt à les détruire.

Rarissimes dans l’histoire, ces transformations, que j’appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large et si évidente que peu de regards l’ont mesurée à sa taille, comparable à celles visibles au néolithique, à l’aurore de la science grecque, au début de l’ère chrétienne, à la fin du Moyen Age et à la Renaissance.

Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classes, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même… cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus.

Trois questions, par exemple : que transmettre ? A qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

QUE TRANSMETTRE ? LE SAVOIR !

Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps du savant, aède ou griot. Une bibliothèque vivante… voilà le corps enseignant du pédagogue. Peu à peu, le savoir s’objectiva : d’abord dans des rouleaux, sur des velins ou parchemins, support d’écriture ; puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d’imprimerie ; enfin, aujourd’hui, sur la toile, support de messages et d’information. L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea au moins trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la Paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.

Objectivé, certes, mais, de plus, distribué. Non concentré. Nous vivions dans un espace métrique, dis-je, référé à des centres, à des concentrations. Une école, une classe, un campus, un amphi, voilà des concentrations de personnes, étudiants et professeurs, de livres en bibliothèques, d’instruments dans les laboratoires… ce savoir, ces références, ces textes, ces dictionnaires… les voilà distribués partout et, en particulier, chez vous – même les observatoires ! mieux, en tous les lieux où vous vous déplacez ; de là étant, vous pouvez toucher vos collègues, vos élèves, où qu’ils passent ; ils vous répondent aisément. L’ancien espace des concentrations – celui-là même où je parle et où vous m’écoutez, que faisons-nous ici ? – se dilue, se répand ; nous vivons, je viens de le dire, dans un espace de voisinages immédiats, mais, de plus, distributif. Je pourrais vous parler de chez moi ou d’ailleurs, et vous m’entendriez ailleurs ou chez vous, que faisons-nous donc ici ?

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support et par lui. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête vient de muter encore une fois. De même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies. Et, je le répète, elles ne sont qu’une variable quelconque parmi la dizaine ou la vingtaine que j’ai citée ou pourrais énumérer.

Ce changement si décisif de l’enseignement – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais aussi le travail, les entreprises, la santé, le droit et la politique, bref, l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin.

Probablement, parce que ceux qui traînent, dans la transition entre les derniers états, n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps effacés. Enseignant pendant un demi-siècle sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia, même artificiel : les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider.

Oui, depuis quelques décennies je vois que nous vivons une période comparable à l’aurore de la Paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; semblable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, les métiers, l’espace, l’habitat, l’être-au-monde.

ENVOI

Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias, nos projets adaptés à la société du spectacle. Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu’elles étaient mortes depuis longtemps déjà.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d’en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n’entendirent pas venir le contemporain. Si j’avais eu à croquer le portrait des adultes, dont je suis, ce profil eût été moins flatteur.

Je voudrais avoir dix-huit ans, l’âge de Petite Poucette et de Petit Poucet, puisque tout est à refaire, puisque tout reste à inventer. Je souhaite que la vie me laisse assez de temps pour y travailler encore, en compagnie de ces Petits, auxquels j’ai voué ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aimés.


Pour lire l’intégralité des textes de la coupole du 1er mars, reportez-vous sur le site de l’Institut de France.

Michel Serres, de l’Académie française

Les nouveaux défis de l’éducation

Point de vue Ecole et Nation

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Slate.fr : Marcher, c’est bon pour la mémoire

Samedi 12 février 2011

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Marcher, c’est bon pour la mémoire

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 De quoi allez-vous mourir?

Une étude américaine publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) démontre que les personnes qui pratiquent une marche rapide trois fois par semaine à partir de 55 ans répondent mieux aux tests de mémoire et augmentent la taille de leur hippocampe, rapporte le site doctor.ndtv.

L’hippocampe «est cette région du cerveau qui joue un rôle primordial dans la mémoire. En vieillissant, l’hippocampe s’atrophie», rappelle le site Canoe. Chez les adultes en bonne santé l’hippocampe rétrécit d’environ 1 à 2% par an, et la diminution est encore plus rapide chez les personnes atteintes de démence. Le rétrécissement du cerveau est associée à une altération de la mémoire chez les personnes âgées, explique doctor.ndtv.

Les chercheurs américains ont étudié un groupe de 120 personnes âgées d’une soixantaine d’années en bonne santé mais sédentaires.

  • Un premier groupe devait marcher pendant 40 minutes d’affilée trois fois par semaine.
  • Le second groupe n’effectuait que des étirements, des exercices de tonification et du yoga.

Au bout de six mois puis d’un an, les personnes étudiées ont passé des IRM. Les chercheurs ont également examiné plusieurs biomarqueurs associés à la santé du cerveau, dont le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une petite molécule qui est impliquée dans l’apprentissage et la mémoire.

Les deux groupes avaient fait des progrès en matière de mémoire spatiale, c’est-à-dire la mémoire qui nous permet de retrouver notre chemin, ou encore de savoir où l’on a laissé nos clefs, par exemple.

En revanche, une grande différence a été relevé entre les deux groupes témoins. Le New York Times explique:

«Au bout d’un an, les scanners du cerveau ont montré que, parmi les marcheurs, l’hippocampe a augmenté en volume d’environ 2% en moyenne; chez les autres, il avait diminué d’environ 1,4%. Alors qu’une telle atrophie est normale chez les personnes âgées, « une augmentation de 2% est assez importante », a déclaré l’auteur principal, Kirk Erickson, un psychologue à l’Université de Pittsburgh.»

Le même chercheur, cité par Canoe, déclare:

«Nous pensions que l’atrophie de l’hippocampe en vieillissant était pratiquement inévitable, mais nous avons montré par cette étude que des exercices cardiovasculaires, même modérés, pendant un an pouvaient accroître la taille de cette structure cérébrale et que le cerveau, à ce stade de vieillissement, restait modifiable.»

D’autant que, fait-il remarquer, 40 minutes trois fois par semaine, «ce n’est pas trop d’exercice».

Photo: Marche / P0todd0p via Wikimedia

Lundi 18 avril 2011

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Quel est le meilleur exercice pour le corps humain?

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Quel est le meilleur exercice pour le corps humain?

 http://www.slate.fr/lien/36973/meilleur-entrainement-sport

Quelle est la meilleure activité physique pour le corps humain? A première vue, la question semble plutôt simple. Le site américain Huffington Post dressait en décembre une liste des activités les plus «rentables» pour l’organisme, celles qui dans un temps donné font le plus fonctionner notre métabolisme. Mais la journaliste du New York Times Gretchen Reynolds, qui a enquêté sur la question auprès de nombreux experts, s’est vite rendue compte qu’il n’y avait pas une réponse claire et définitive:

«Demandez à une douzaine de physiologistes quel est le meilleur exercice, et vous obtiendrez une douzaine de réponses extrêmement divergentes.»

En fait, une des seules règles sur laquelle tous les spécialistes s’accordent est la suivante: il faut trouver une activité que vous pouvez pratiquer régulièrement. Une récente méta-analyse des études sur l’activité physique et la mortalité a en effet montré que le risque de mort prématurée chez une personne sédentaire chute d’en moyenne 20% si elle se met à la marche rapide (ou un équivalent) à raison de cinq sessions de 30 minutes hebdomadaires.

Les bénéfices de la marche à pied ne sont plus à démontrer. Gretchen Reynolds cite les travaux d’un chercheur japonais qui a mesuré les effets d’un programme de marche fractionnée (trois minutes de marche rapide suivies de trois minutes de marche lente, répété 10 fois) de cinq mois sur des milliers de séniors. La forme physique globale des personnes a augmenté de 20%, et les symptômes de maladies comme l’hypertension, l’hyperglycémie ou l’obésité ont diminué de 20%. La marche permet également de mieux contrôler son poids.

Chez les sportifs, pour qui la marche ne présente pas beaucoup de bénéfices, le professeur de kinésiologie Stuart Phillips recommande les flexions, un exercice «très puissant» qui «active les plus gros muscles du corps, ceux des fesses, du dos et des jambes». Mais un programme basé uniquement sur les flexions, ou plus généralement sur la musculation, peut vite devenir ennuyeux.

Il existe une activité qui est à la fois plus ardue que la marche et qui fait travailler la puissance comme les flexions: l’entraînement par intervalles à haute intensité (H.I.T.), qui consiste en des sessions qui alternent un exercice très intense (vélo d’intérieur à puissance maximale, sprint) sur des courtes durées (30-60 secondes) et des phases de récupération. Seul bémol: l’exercice doit «faire mal pour être efficace»

Photo: Des athlètes s’entraînent pour un marathon à Bombay en 2004, REUTERS/Arko Datta 


France culture : philosophie : chemin de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance

par Raphaël Enthoven

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance.html-0

Qu’attendons-nous pour être heureux ?

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-1ere-semaine-25-qu-attendons-nous-pour-et

Le rôle des amateurs (2/2) : le numérique transforme-t-il l’amateur ?

»31.03.11Le rôle des amateurs (2/2) : le numérique transforme-t-il l’amateur ?

http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/

[+]30.03.11Le rôle des amateurs (1/2) : Qu’est-ce qu’un amateur ?  [+]

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L’économie comme science « complexe »

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/04/01/l-economie-comme-science-complexe_1502008_651865.html

http://www.internetactu.net/2011/03/29/quand-leconomie-devient-complexe/

A la UneTechnologies

L’économie comme science « complexe »

LEMONDE.FR | 01.04.11 | 17h47

Les sciences de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des graphismes, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?

La recherche d’applications pratiques… C’est ce Graal que les chercheurs du domaine traquent activement. On l’a vu dans un récent article où Dirck Helbingtentait de simuler le monde.

Un autre scientifique dont le nom est revenu à plusieurs reprises ces derniers temps est celui de Yaneer Bar-Yam, président de l’Institut pour les systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre (Necsi). Il s’efforce de comprendre comment les systèmes complexes se manifestent dans les différents domaines de la connaissance : écologie, économie, politique… Il s’attaque ainsi à la question des crises économiques, nous apprend un récent article de Wired.

Bar-Yam affirme ainsi avoir repéré, dans la masse de données des fluctuations des marchés, un indicateur fondamental annonciateur des kraches.Il s’agit d’un comportement des marchés qui se caractérise par une tendance croissante à l’imitation de la part des acteurs. En général, les ventes et les achats s’équilibrent : environ 50% des actions augmentent quand 50% baissent. Lorsqu’un krash approche, le « co-mouvement » s’accroît. Autrement dit, un des deux mouvements dépasse significativement la barre des 50%.

Certes, a priori cette constatation n’a rien de novateur. Les économistes ont remarqué depuis belle lurette que les comportements massifs incontrôlables à l’origine d’une « bulle » ou au contraire d’une « panique » annoncent souvent des crises. Mais il existe des différences entre les travaux de Bar-Yam et cette vision commune. D’abord, pour ce chercheur, cette tendance s’inscrit dans le long terme, et n’intervient pas quelques jours voire quelques mois avant le « krach ». Ainsi, avant la crise de 2008, le « co-mouvement » n’a cessé d’augmenter de manière régulière pendant plus de quatre ans. Il ne s’agit donc pas d’une situation où les marchés rentrent dans une phase de panique rapide due à un réflexe collectif. Dans l’illustration ci-dessous, la courbe du haut montre le développement des « co-mouvements ». Plus le niveau est bas, plus la tendance à l’imitation est importante. On le voit, c’est un comportement qui va en s’accroissant dès 2003.

De plus, la cause de ce comportement d’imitation n’est pas exogène, autrement dit créée par des évènements extérieurs. Le phénomène est, au contraire, endogène, intrinsèque au mouvement des marchés. Pour l’équipe de Bar-Yam, il s’agit bien d’un effet de « panique », mais d’une panique « auto-induite », qui ne dépend pas directement des évènements extérieurs ou même des « bulles » spéculatives, quoique ces éléments puissent, bien entendu, jouer un rôle d’amplificateur dans le déclenchement de la crise. Par exemple, à propos du mini-krach du 17 septembre 2001 (le premier jour de bourse après les attentats du World Trade Center) Bar-Yam et ses collègues remarquaient dans leur papier publié sur arXiv que leurs recherches tendaient « à confirmer que cet événement n’était pas seulement une réaction au 11 septembre, mais qu’il était largement dépendant de la dynamique du marché« .

Cette capacité à créer de la nouveauté sans avoir à recevoir d’information du monde extérieur semble bien une caractéristique fondamentale des systèmes complexes. Avant ce travail sur l’économie, Bar-Yam avait publié en 2009 un article sur la biologie qui aboutissait à des conclusions assez similaires. Selon lui, l’évolution des espèces était susceptible de se produire au sein d’une population de manière purement intrinsèque, par l’unique jeu des combinaisons génétiques et des mutations aléatoires. Autrement dit, pas besoin d’invoquer la nécessité pour les espèces de s’adapter à un environnement qui deviendrait l’arbitre des mutations, comme le suggère la théorie classique de la sélection naturelle. On ne peut que comparer cette nouvelle vision de l’évolution à celle des marchés évoluant spontanément vers des « catastrophes » indépendamment du monde extérieur ou presque.

PRÉVOIR LES TRANSFORMATIONS

L’article de Wired souligne que les travaux de Bar Yam appartiennent à une nouvelle branche qu’on appelle « l’éconophysique », autrement dit l’application au domaine social des comportements observés dans le monde matériel. Dans le cas des crises économiques, il s’agirait d’un processus nommé « transition de phase », comme la transformation de l’eau en glace ou, au contraire, en vapeur. Dans les transitions de phase, un processus lent, presque invisible se précipite brusquement pour changer l’état du système. On a alors l’impression que la transformation s’effectue « par surprise ». Cela dit, le terme éconophysique est peut-être récent, mais l’étude de ces phases de transition est une caractéristique connue des systèmes complexes depuis longtemps. On appelle cela la « criticalité auto-organisée » et ce concept est au coeur du domaine depuis plus de deux décennies.

Les théories de la complexité ont largement inspiré Nassim Nicholas Taleb qui en raconte les effets dans son fameux livre Le Cygne Noir (aucune relation avecNathalie Portman). Taleb utilise les théories de la complexité pour moquer les économistes qui évaluent les risques en termes « gaussiens », en traçant une courbe, une « moyenne » où les évènements les plus extrêmes sont également les moins probables. Au contraire, dans une vision « complexe » de l’économie ou de la société, les « catastrophes », les « cygnes noirs » (qui peuvent d’ailleurs aussi être positifs, comme le montrent les révolutions récentes dans le monde arabe) ont toutes les chances de se produire, et bien plus vite qu’on ne le pense.

Les théories de Bar Yam ne sont donc pas révolutionnaires, mais constituent plus probablement un clou supplémentaire dans le cercueil de l’économie classique. Cette recherche présente également l’intérêt de reposer sur un calcul assez simple (enfin, assez simple pour des mathématiciens), impliquant un paramètre unique. Elle propose un moyen d’explorer et d’anticiper l’arrivée de ces « catastrophes », et pourrait donc, si elle est confirmée, avoir des conséquences pratiques. Elle permettrait, sinon de prévoir l’imprévisible, du moins de s’y préparer intelligemment…

Rémi Sussan